Colloque international sur le phénomène migratoire. Homélie du Grand chancelier

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Les migrants et les réfugiés : des frères et des sœurs contraints de fuir leurs pays pour sauver leurs vies et celles de leurs familles

Beaucoup de pays en Afrique sont le théâtre de conflits armés et du terrorisme qui engendrent l’insécurité et la peur. Des familles entières sont parfois obligées d’abandonner maisons, plantations, bétail… pour échapper à la rage meurtrière des combattants. Des maisons sont incendiées, des femmes, des hommes et même des enfants sont enlevés, violentés, violés et enrôlés dans des guerres malgré eux. Ceux et celles qui réussissent à s’échapper errent dans tous les sens, à la recherche d’une terre d’accueil. Les pays d’accueil eux-mêmes en proie à la survie, ne peuvent donner que ce qu’ils ont. Des familles entières sont alors amassées tel du bétail dans des camps de réfugiés où la promiscuité est le maître mot. Malgré les efforts de certains organismes et de l’Église, les besoins restent très faiblement couverts. Cette situation est un véritable appel lancé à l’humanité tout entière pour sauver la dignité bafouée de nos frères et sœurs en détresse.

Les migrants et les réfugiés : des frères et des sœurs contraints d’abandonner leurs patries à la recherche des conditions de vie meilleures

 « Ah ! Si tu déchirais les cieux, et si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi » (Is 63, 19). Telle est l’exclamation remplie d’espérance du prophète Isaïe. C’est une prière qui synthétise l’angoisse d’un peuple qui attend une ère nouvelle.

Un peuple en captivité, un peuple exilé, un peuple dominé, le peuple de l’attente vit dans une angoisse qui rend la vie insipide, pousse au découragement et même à la révolte.

Nos frères et sœurs réfugiés et migrants vivent dans l’angoisse. Une angoisse qui se transforme en révolte face à la frustration de vivre dans des conditions inhumaines tandis que la télévision leur montre un monde paradisiaque ailleurs.  L’impatience qui animait déjà le cœur du prophète Isaïe est peut-être la même qui habite les cœurs de nombreux pauvres fatigués d’attendre l’heure du changement. Un projet qui n’aboutit pas, un rêve qui ne se réalise pas, un avenir qui s’assombrit et puis, l’essoufflement de tant d’hommes, de femmes, de jeunes qui finissent par démissionner, jeter l’éponge et sombrer dans le désespoir, d’autres plus courageux et sans doute aussi téméraires et naïfs, se lancent dans l’aventure à la recherche d’un monde meilleur, fatigués de tourner en rond dans une monotonie déprimante. Il s’agit de jeunes hommes et de jeunes femmes qui considèrent que leur sort est scellé ici et dont la seule chance de survie semble l’émigration. Il faut aller tenter sa chance ailleurs et voir peut-être se réaliser l’espérance d’une vie meilleure.
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