Colloque international sur le phénomène migratoire. Homélie du Grand chancelier

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L’évangile du Règne de Dieu

Nos frères migrants et réfugiés portent dans leur chair, les marques du Crucifié. Ils sont les destinataires et les sujets privilégiés de l’Evangile et représentent pour beaucoup de familles et même pour certaines nations l’espoir de survie et des lendemains meilleurs, ils sont le peuple de l’attente et de l’espérance.

Le tout premier geste du Pape consiste à unifier l’enseignement de l’Église dans l’unique annonce de l’Évangile du Règne de Dieu. Le social est une dimension intrinsèque de l’évangile. « Le Kérygme possède un contenu inévitablement social : au cœur même de l’Evangile, il y a la vie communautaire et l’engagement avec les autres » (EG 177).  « En lisant les Ecritures, il apparaît clairement que la proposition de l’Evangile ne consiste pas seulement en une relation personnelle avec Dieu. La proposition est le Royaume de Dieu (Lc 4, 43) ; il s’agit d’aimer Dieu qui règne dans le monde. Dans la mesure où il réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous » (EG 180).

Le manque est toujours cause de souffrance et d’angoisse. L’absence de santé, de paix, de travail, le manque de succès, le manque d’argent, le manque de joie et de paix… Mais le manque le plus déprimant pour l’homme, le manque qui rend toute autre chose vaine et insipide c’est le manque d’amour. Saint Paul nous le fait comprendre à suffisance dans sa première épître aux Corinthiens, 13, 1- 4 : « J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien ». Or nous savons, selon les mots de l’Apôtre bien aimé, que Dieu est amour. Le manque de l’amour est donc par conséquent le manque de Dieu.

Les migrants et les réfugiés : destinataires et sujets privilégiés de l’évangélisation. (Cf. Lumen Gentium 8 ; Gaudium et Spes 1 ; Ad Gentes 3 ; Evangelii Nuntiandi 6)

La scène messianique de Lc 4, qui montre Jésus, l’oint, annoncer l’Evangile aux pauvres, reste la matrice principale de cette intuition qui relie « L’Evangile éternel à la plus grande actualité historique ». l’exhortation Evangelii gaudium en son chapitre 4  inverse l’orientation de l’évangélisation en invitant les chrétiens à « accepter que les autres nous évangélisent » (EG 121) ; ce qui prend une figure concrète quand il s’agit d’entendre le cri des pauvres, de les intégrer pleinement dans la société et de leur accorder une place privilégiée dans le peuple de Dieu (EG 187-196).

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