JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PHILOSOPHIQUE

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Thème : Les politiques publiques d’éducation en contexte de multiculturalisme

Le concept de multiculturalisme suscite très souvent de nombreuses interprétations. Il désigne à la base la coexistence dans une même société politique, de nombreuses cultures. Seulement, la difficulté à le cerner peut déjà surgir avec la question de savoir : qu’est-ce qui est culture et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Cette question dévoile toute sa pertinence au regard de l’extrême pluralité des indicateurs que l’homme contemporain introduit dans l’évaluation de la culture. Nous pouvons citer entre autres : la race, la langue, l’ethnie, la religion, l’histoire, l’éducation, les coutumes, etc… Toutefois, on découvre le concept de multiculturalisme comme désignant une doctrine philosophique très développée au Canada en particulier et dans le monde anglo-saxon en général. Cette doctrine, qui suscite d’ailleurs de nombreuses critiques, s’attèle à présenter la diversité culturelle comme source d’enrichissement de la société, pouvant s’accompagner de politiques volontaristes de lutte contre les discriminations, de promotion de l’expression des identités culturelles à l’exemple des minorités indigènes et bien d’autres encore. De telles politiques ont conduit l’UNESCO à adopter une Déclaration Universelle sur la diversité culturelle le 02 novembre 2001. Par cette Déclaration, l’UNESCO reconnait pour la première fois la diversité culturelle comme un héritage commun de l’humanité. Le 13 novembre 2002, le Gouvernement du Canada a désigné par proclamation officielle la journée du 27 juin de chaque année comme la Journée Canadienne du multiculturalisme. Et au Cameroun, à la suite des événements marquants de la vie politique connus sous le label « Problème anglophone », un certain nombre de décisions politiques ont été initiées dans l’optique d’une plus grande promotion du multiculturalisme, avec, au sommet de ces actions, un décret présidentiel portant création, organisation et fonctionnement d’une Commission Nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Décret n° 2017/013 du 23 janvier 2017).

Seulement, le multiculturalisme se heurte constamment à la question de l’interculturalité dans laquelle, le vivre ensemble entre différentes cultures à l’intérieur d’une même société politique est constamment menacé par un désir de reconnaissance de chaque culture considérée dans cet espace global comme une minorité. Poussé à ses extrêmes limites, ce désir de reconnaissance peut découvrir des velléités de replis identitaires pouvant évoluer vers des postures de discrimination et d’exclusion, voire de sécession. Pourtant, du point de vue de la réalité que désigne le concept de multiculturalisme, un consensus semble se faire autour du principe selon lequel, aucune société contemporaine n’échappe à la réalité du multiculturalisme, au regard des mutations qui s’opèrent à l’intérieur des États, et surtout au regard de la cohabitation interétatique, dans un monde globalisé. Dans un tel dilemme, l’État contemporain, dans son exercice de la démocratie, doit relever le défi de promouvoir et d’assumer une citoyenneté multiculturelle. Le dilemme se situe entre la nécessité et l’urgence de proposer une réponse politique satisfaisante aux revendications formulées par les minorités culturelles, et la nécessité de préserver l’unité nationale, tout en garantissant les droits et les libertés des individus.

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